– Tu n’oublies pas, ce soir ma collègue vient dîner avec son mari. Donc tu t’organises pour que tout soit fin prêt à 20h tapantes.

– Oui Maîtresse.

– Tu mettras la tenue que je t’ai déposée sur le lit. Je t’enlèverai ton collier avant qu’ils n’arrivent.

– Oui Maîtresse

Il est 19h30. Maîtresse va rentrer. J’ai passé une grande partie de la journée à nettoyer et ranger la maison puis je me suis attelé à préparer un repas digne des invités de Maîtresse. Pendant que le rôti cuisait, je suis allé revêtir la tenue qu’elle avait choisi pour moi. Pantalon de toile noire, chemise blanche, chaussettes noires et souliers de cuir. Pas de slip ou de boxer, elle ne veut pas que je porte de sous-vêtement et elle les a tous jetés.

Il-y-a si longtemps que je vis nu que le contact du tissu sur ma peau me parait étrange. Quand aux souliers… Mes pieds se sentent prisonniers du cuir raide et après quelques pas dans la maison, j’ai déjà hâte que la soirée soit terminée et que je puisse rendre leur liberté à mes orteils.

Elle entre. Je suis en train de dresser la table. Elle me regarde, inspecte ma tenue du regard et me demande : « Le repas est prêt ? »

– Oui Maîtresse.

– Très bien. Viens ici que je t’enlève ton collier.

Je m’approche d’elle, m’agenouille et courbe la tête pour qu’elle puisse accéder aisément au cadenas qui ferme le collier d’acier qu’elle m’impose jour et nuit. Elle le détache et le range dans son sac  à main.

– Redresse-toi, que je te regarde encore une fois. Et j’ai encore une consigne à te donner.

Je me tiens debout devant elle, les yeux baissés. Immobile et soumis à sa volonté.

– Bien. Ta tenue est parfaite. Maintenant écoute moi bien. Ma collègue est charmante mais je ne connais pas son mari. Le peu que j’en sache c’est ce qu’elle en dit : « J’en suis très satisfaite, il me convient parfaitement ». Vu son caractère très posé et assez affable, j’imagine que c’est quelqu’un de doux et intelligent. Elle ne sait rien de notre mode de vie et je n’ai guère envie qu’elle en sache rien. Alors tu m’appelleras par mon prénom toute la soirée dès qu’ils seront là et sitôt qu’ils seront partis la vie reprendra son cours normal.  Et ne t’avise pas à prononcer « chérie » ou « mon amour » sinon je te met la queue en cage pendant 3 mois. C’est bien compris ?

– C’est bien compris Maîtresse.

Je souris intérieurement. Le cours normal de notre « mode de vie », c’est moi à poil avec un collier de métal autour du cou en permanence. C’est moi qui lui sert de repose pieds, de table basse ou de tabouret selon les moments. C’est moi qui l’appelle Maîtresse et qui ne lui parle que quand elle m’y autorise. C’est moi qui lui lèche la chatte pendant qu’elle appelle un amant ou une copine. Bref, le cours normal de notre mode de vie n’a rien de normal pour l’immense majorité des couples…

La sonnette retentit.

– Viens avec moi, nous allons les recevoir ensemble. Tu les débarrasseras de leurs manteaux, je m’occupe du reste.

Elle ouvre la porte pour les accueillir, sa collègue est une femme magnifique, une brune grande et fine avec un regard profond et sombre, son mari semble plus effacé, presque timide.

« Bonsoir Émilie » dit-elle,  « je te présente Fabien mon… mon mari. »

Fabien dévisage discrètement Maîtresse puis baisse immédiatement les yeux, comme honteux de son audace.

« Bonsoir Camille, voici Julien »

Je m’avance d’un pas, serre doucement la main d’Émilie puis tend la main à Fabien…

La bague ! J’ai gardé ma bague de soumis ! Inspirée d’Histoire d’O, cette bague est comme un signe secret de soumission que seuls les initiés savent reconnaître. Bon, il y a peu de chance que…

Fabien me tend la main à son tour. Il sourit discrètement. Lui aussi porte cette bague.

Les deux femmes nous regardent et éclatent de rire en chœur. Puis Camille ouvre son sac à main, en sort un collier d’acier poli et une laisse puis s’adressant à son mari elle dit : »Fabien approche toi que je t’arnache. Finalement nous n’allons rien changer à nos habitudes ce soir et c’est tant mieux pour toi. Je suis persuadée que tu n’aurais pas été sage et j’aurais certainement été contrainte de t’encager la queue quelques mois pour t’apprendre les bonnes manières. »

Et à nouveau, elles éclatent de rire en voyant nos mines déconfites.

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